Concevoir du contenu dans les langues officielles du Canada
Découvrez 6 tendances stylistiques propres à l’anglais et au français que vous devriez connaître lorsque vous préparez le contenu qui sera disponible dans les deux langues.
Collaborateurs :
- Conception du contenu et architecture de l’information - DCPN (AIPIA-PIAAI@cra-arc.gc.ca)
Concevoir du contenu pour un public canadien signifie que le contenu devra être publié dans les deux langues officielles. Le rôle du traducteur est de s’assurer que le contenu offre la même expérience de service dans les deux langues. Toutefois, lorsque le rédacteur est au courant de l’incidence des décisions rédactionnelles qu’il prend sur le contenu dans l’autre langue, il peut améliorer considérablement le produit final dans les deux langues. La capacité de réfléchir aux similitudes et aux différences entre les langues profite à tout le monde, surtout à ceux qui travaillent dans le domaine de l’édition.
Voici 6 tendances stylistiques propres à l’anglais et au français que vous devriez connaître lorsque vous préparez du contenu qui sera disponible dans les deux langues.
Sur cette page
- Longueur de phrase
- Utilisation d’acronymes
- Ordre des mots
- Genre des mots
- Références culturelles
- Utiliser des banques de terminologie
Longueur de phrase
Les textes en français contiennent généralement plus de prépositions et d’articles, ce qui peut allonger le texte. Gardez cela à l’esprit lorsque vous rédigez du texte pour du contenu Web qui comporte un nombre maximal de caractères, comme le texte des menus d’accueil thématique.
Exemple : Plus de mots en français
- Anglais : For faster service, submit your request electronically using My Account. (72 caractères)
- Français : Pour obtenir un service plus rapide, envoyez votre demande par voie électronique en utilisant Mon dossier. (106 caractères)
Utilisation d’acronymes
Les acronymes sont utilisés plus souvent en anglais qu’en français. Dans certains cas, un acronyme pourrait être utilisé dans une langue, mais pas dans l’autre, afin de mieux servir les différents publics. Par exemple, sur les pages en anglais de l’ARC, nous utilisons l’acronyme « EI » pour « employment insurance », mais pas « AE » pour « assurance-emploi » sur les pages en français. Cela s’explique par le fait que l’acronyme « EI » est largement utilisé et connu des anglophones, mais ce n’est pas le cas de l’acronyme français.
Ordre des mots
L’ordre des mots est différent dans les deux langues. Il est important d’en tenir compte au moment de rédiger un en-tête ou de créer une liste à puces pour placer des mots importants au début afin de faciliter le balayage.
Par exemple, les adjectifs sont souvent placés après le nom en français, alors qu’en anglais, ils sont placés avant le nom. Cela pourrait avoir une incidence sur l’optimisation pour les moteurs de recherche, car les mots-clés dans l’en-tête h1 pourraient sortir en premier en anglais, mais en dernier en français. Comme Google tronque habituellement le texte après environ 65 caractères, certains des textes les plus importants pourraient ne pas s’afficher dans le lien des résultats de recherche en français.
Il en va de même lorsque vous choisissez d’utiliser l’ordre alphabétique dans une liste. L’ordre est susceptible de changer dans l’autre langue, et ce n’est peut-être pas toujours le meilleur choix pour l’utilisateur.
Exemple : Ordre des mots
Un auteur anglophone rédige la liste à puces suivante :
Make a choice based on your province of residence:
- Alberta’s tax package
- British Columbia’s tax package
- Manitoba’s tax package
- New Brunswick’s tax package
- Etc.
En français, la liste deviendra :
Faites un choix en fonction de votre province de résidence :
- La trousse d’impôt de l’Alberta
- La trousse d’impôt de la Colombie-Britannique
- La trousse d’impôt du Manitoba
- La trousse d’impôt du Nouveau-Brunswick
- Etc.
Avec une traduction directe, l’effet souhaité, c’est-à-dire de voir d’abord le nom de la province afin qu’elle puisse être facilement trouvée en ordre alphabétique, n’est pas obtenu en français. L’auteur et le traducteur devront donc trouver un compromis afin que l’utilisateur francophone et l’utilisateur anglophone aient la même expérience en ligne. Par exemple, l’ajout d’une phrase d’introduction qui explique que la liste suivante concerne les trousses d’impôt provinciales vous aidera à éviter les mots « trousse d’impôt » dans chacun des éléments de la liste et vous permettra de ne conserver que le nom de la province :
Choisissez la trousse d’impôt selon votre province de résidence :
- Alberta
- Colombie-Britannique
- Manitoba
- Nouveau-Brunswick
Une autre idée serait d’utiliser la ponctuation (traits d’union ou points-virgules) pour placer le mot à repérer devant le reste de la phrase :
- Anglais : Alberta – tax package
- Français : Alberta – trousse d’impôt
Genre des mots
En anglais, les noms n’ont pas de genre (féminin et masculin), contrairement au français. À des fins d’accessibilité, vous devrez peut-être utiliser plusieurs mots ou une phrase en français pour représenter un concept qui se décrit en un seul mot en anglais. Dans certains contextes, surtout lorsque vous devez garder le texte court, comme dans un tableau ou un en-tête, ce n’est pas idéal.
Exemple : Genre des mots
- Anglais : Project participants can ask questions at the end of the workshop.
- Français : Les personnes qui participent au projet peuvent poser leurs questions à la fin de l’atelier.
Le nom peut être remplacé par un pronom pour abréger la phrase :
- Anglais : You can ask questions at the end of the workshop.
- Français : Vous pouvez poser des questions à la fin de l’atelier.
C’est également vrai pour l’utilisation des pronoms. Le pronom neutre singulier « they » en anglais utilisé à des fins d'inclusivité pourrait ne pas bien se traduire en français. Il peut être nécessaire de reformuler la phrase en français pour éviter d’utiliser un pronom genré. Étant donné que cela pourrait changer l’intention initiale de l’auteur, le rédacteur et le traducteur pourraient devoir décider ensemble de l’intention et ajuster le texte dans les deux langues afin de s’assurer que le même message est transmis.
Exemples : pronom singulier « they »
Anglais : If someone needs help, they need to call an agent.
Français : Si vous avez besoin d’aide, vous devez appeler un agent.
L’utilisation du pronom à la deuxième personne en français crée une impression différente puisque nous parlons directement à la personne.
Dans ce cas, le pronom anglais pourrait être changé afin qu’il corresponde au français :
Anglais : If you need help, you need to call an agent.
Français : Si vous avez besoin d’aide, vous devez appeler un agent.
Références culturelles
Non seulement il est important de tenir compte du choix des mots pour offrir une expérience semblable dans les deux langues, mais il est également crucial de tenir compte des réalités culturelles de nos lecteurs. Les utilisateurs francophones n’ont pas toujours les mêmes références culturelles que les utilisateurs anglophones, et c’est particulièrement le cas au Canada, puisque les expériences peuvent différer d’une province à l’autre, et d’une personne à l’autre. Les auteurs doivent essayer de cerner les mots ou les concepts qui pourraient ne pas se prêter à la traduction, et éviter de les utiliser.
Par exemple, si un auteur fournit un exemple concret pour appuyer une explication, il doit s’assurer qu’un public dans une autre province ou un autre pays comprendra aussi la référence.
Exemple : Références culturelles
Un auteur francophone écrit l’exemple suivant :
- Robert est un retraité de la Sûreté du Québec.
- Robert is retired from the Sûreté du Québec.
Un Canadien de langue anglaise qui vit dans une province autre que le Québec pourrait ne pas savoir ce qu’est la Sûreté du Québec. Il serait préférable d’utiliser des termes plus généraux, comme :
- Robert est un policier retraité.
- Robert is a veteran police officer.
De plus, certains nouveaux arrivants pourraient ne pas être en mesure de comprendre les références culturelles des Canadiens de langue française ou anglaise. Il est donc important de rester neutre lorsqu’il s’agit de donner des exemples qui ont une connotation culturelle.
Utiliser des banques de terminologie
Lorsque vous concevez du contenu pour un public canadien, il peut être utile d’utiliser des ressources qui offrent des conseils linguistiques plus spécialisés que le type de vocabulaire courant que l’on trouve dans un dictionnaire.
Les banques de terminologie peuvent être un outil précieux pour les rédacteurs qui écrivent pour un public bilingue. Ces banques contiennent des définitions, des exemples du terme en contexte, des synonymes et d’autres observations, comme des renseignements sur son utilisation (par exemple, si un terme est privilégié dans une région géographique ou une organisation particulière). Certaines banques de terminologie fournissent également des recommandations sur les termes à utiliser et à éviter. L’une des plus grandes banques de terminologie au monde, TERMIUM Plus, est gérée par le Bureau de la traduction du gouvernement du Canada. Elle contient des millions de fiches terminologiques ainsi que des définitions, des synonymes, des abréviations et des exemples d’utilisation.
La rédaction dans les deux langues officielles du Canada exige une réflexion et une planification supplémentaires, mais c’est un défi très gratifiant qui rend le contenu plus facile à comprendre pour tout le monde!
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